LA KAMPFGRUPPE PEIPER
Etude de Cédric d'après :
"MASSACRE A MALMEDY" par Gerd J.Gust Cuppens, ed. Heimdal 1989

Complément du webmaster :
Composition du Kampfgruppe PEIPER : I Abt du SS Pz Rgt 1 : 1 et 2 .Komp (Panther) - 6 et 7.Komp (Pz IV) - 9.Kmp pionier - 10.Komp Flak (3 Wirbelwind) - A la Place du II abt : on trouve la S.SS.Pz.Abt 501 (Tigre II) épaulée par la 13.Komp SS.Pz.Rgt 2 (canons automoteurs certainement des Wespes Sig 33 ausf 38(t)), II Abt du SS.Pz.Rgt 1, 3.Komp du SS.Pz.Pionier 1 et la flaksturm Abt 84 (Luftwaffe), ferme la marche les 4 Wirbelwind de la S.SS.Pz.Abt 501.

Le Kampfgruppe Max Hansen : 16 décembre 1944

Monsieur Ehrhardt :
Le 1 SS Panzerregiment de Peiper est en alerte fin novembre 1944 dans la région de Stadtkyll. Nous arrivons à proximité d’un village de Bliesheim et nous nous installons dans la forêt. Il pleut et nous avons froid et nous sommes mouillés. Le commandant de compagnie part se renseigner pour trouver un endroit où nous pourrons nous réchauffer mais il ne revient plus. Le chef de la première section part à son tour, il ne revient pas non plus. Il voulait se renseigné sur le sort du commandant de compagnie. C’est ensuite le tour du chef de la deuxième section qui part s’informer du sort de son collègue, il ne revient pas. Le village est situé à quelques kilomètres de la forêt. La situation de vient très désagréable. Je pars vérifier et je trouve mon commandant de compagnie en discussion avec le maire du village. Il n’est pas facile de trouver un casernement. Puis nous partons, mes camarades et moi, chercher un abri chez les fermiers, pour se réchauffer. Le curé avait dit en chaire : " pères, prenez soin de vos filles. La SS est dans la région, la mauvaise SS ". trois jours plus tard, le village et notre compagnie sont comme les doigts d’une main. Deux d’entre eux nous se sont même mariés avec des filles de là-bas. Puis, nous arrivons à la nuit du 15 décembre. Les équipages de chars doivent se rassembler. Notre commandant de compagnie, Oskar Klingelhöfer, nous donne l’ordre de nous tenir prêts. Il nous parle d’une voix glaciale : "Messieurs, nous risquons le tout pour le tout et que le diable vous prenne si je ne peux pas compter sur vous ".
Un an et demi plus tard, une commission d’enquête, engagée par l’autorité militaire américaine, essaiera d’obtenir de nous une déclaration d’après laquelle des ordres illégaux auraient été donnés.

Après avoir été à Bliesheim, nous sommes prêts à l’assaut avec nos chars dans la forêt de Schmidtheim. Nous avons effacé toute les traces et nous avons camouflé nos chars contre les avions. Nous avons établi notre camp pour la nuit, camouflés par des branchages. Il fait très froid et nous échangeons des idées sur l’attaque prévue. On ne sait rien. Le secret absolu a été gardé. Le 16 décembre, vers 5h15, le commandant de compagnie s‘approche. Les chefs de section sont rassemblés et Klingelhöfer leur communique l’ordre n°10697/44 signé par le commandant en chef, le Generalfeldmarschall Gerd von Rundstedt.

On communique ce message à toutes les sections. L’attaque doit débuter à 5h30. L’ordre est le suivant ; "Soldats du Front de l’Ouest ! Votre grande heure à sonné. Des armées offensives sont confrontées aujourd’hui aux Anglo-Américains. C’est tout ce que j’ai à vous dire. Vous le savez tous. Nous risquons le tout pour le tout. Portez en vous l’engagement sain de tout donner et de vous surpasser pour notre patrie et pour le Fürher ". Peu après, Klingelhöfer et moi, nous faisons les cents pas à l’orée de la forêt. Je sens un certain optimisme que je ne connaissais pas chez lui. Nous consultons notre montre et nous attendons le début du barrage d’artillerie. Avec quelques minutes de retard, un seul canon tire quelques obus à une distance d’un kilomètre. Je fais une remarque stupide car les informations de Kilgelhöfer nous préparaient à autre chose. Il est lui même perplexe. Nous apprendrons plus tard que l’appui de l’artillerie a été considérable en d’autres secteurs du front.

Principaux chefs de la 6° Panzerarmée
-Commandant en chef : Oberstgruppenführer Sepp Dietrich
-Chef d’état major: Brigadeführer Fritz Krämer
-IA: Obersturmbannführer Gorg Maier
I SS Panzerkorps
-Commandant: Gruppenführer Hermann Priess
- Chef d’état major: Obersturmbannführer Rudolf Lehmann
- IA: Sturmbannführer Erich Maas
II SS Panzerkorps
- Commandant: Gruppenführer Wilhelm Bitrich
- Chef d’état major: Standartenfüher Baldur Keller
I SS Panzerdivision „LAH"
- Commandant: Oberfüher Wilhelm Mohnke
- I A: Sturmbannfüher Dietrich Ziemssen
12 SS Panzerdivision „HJ"
- Commandant: Oberfüher Hugo Kraas
- IA: Obersturmbannfüher Hubert Meyer
I SS Panzerregiment
- Commandant: Obersturmbannführer Joachim Peiper

- L’attaque va être lancée, le 14 décembre Wilhelm Mohnke, qui commande la 1 SS Panzerdivision, tient une conférence à son Q.G. de Tondorf. Jochen Peiper qui commande le 1 SS Panzerregiment, ne sait rien encore du projet de l’offensive. Participent à cette conférence : Jochen Peiper, Rudi Sandig, Max Hansen, Gustav Knittel et Otto Skorzeny. Mohnke déclare à ses commandants de régiments qu’une offensive de la plus grande importance commencera le 16 décembre. Il signale que leurs unités auront une importance exceptionnelle pour l’offensive, principalement le Kampfgruppe Peiper.

Dans l’après-midi, Peiper consulte le général Gerd Engel, sui commande la 12° Volksgrenadierdivision. Les régiments de cette division devront percer les lignes américaines dans la région de Losheim. Engel envisage que ses troupes devront atteindre Losheim le 16 décembre à 7 heures du matin.

Après la conférence du 15 décembre, qui a lieu dans le poste de commandement de Hermann Priess , Peiper rassemble ses principaux officiers dans son propre quartier, à Blankenheim, et il leur donne un aperçu sur l’organisation du Kampfgruppe. Peiper veut que le 6° Panzerkompanie (Panzer IV) d’Oskar Klingelhöfer, s’engagent en tête du régiment. La 1° Panzerkompanie de Kremser, la 2° Panzerkompanie de Christ, et Tiger II , les chars lourds du 501 ° bataillon, sont trop lents pour des combats rapides. Ils doivent former l’arrière-garde du Kampfgruppe.

L’Obersturmbannführer Willi Harrdieck est également présent à la conférence de Blankenheim, il commande alors le Kampfgruppe X d’otto Skorzeny. Il donne l’ordre à ses soldats de dépasser très tôt les chars de Peiper, en uniforme américain, de perturber les troupes américaines et de prendre le pont sur la Meuse près d’Ombret-Rawsa. Peiper se soucie du fait que les hommes de Harieck puissent être pris à partie par ses propres hommes et il insiste sur une procédure rigoureuse afin d’éviter de tels incidents.

Le 16 décembre, à 5h35 du matin, les soldats américains de la 394 th US Infantry Division se trouvent face aux hommes de Peiper. Ils entendent les premiers tirs d’artillerie allemande mais ne s’en soucient pas.

L’ordre d’attaque, intitulé " A travers la Meuse vers Anvers ", porte la note suivante : (tiré du journal de Gerd von Rundstedt) " pour maintenir l’effet de surprise, le feu de l’artillerie ne durera que dix minutes et dépendra de la distance respective des lignes américaines. Toutes les pièces de l’artillerie, les lance-fusées, l’artillerie antiaérienne ainsi que les canons d’infanterie disponibles, participeront à l’ouverture du feu sur les points de rupture. Il en résultera un ouragan ".

Karl Wortmann de la compagnie de la DCA du 1°SS Panzerregiment raconte : Il est encore tôt et l’obscurité règne encore ce 16 décembre lorsque nous recevons l’ordre de lancer nos moteurs. Soudain, le feu concentré de l’artillerie nous surprend. Les obus passent en sifflant vers les lignes américaines. Nous savons que l’attaque a commencé. Mais aucun de nous ne sait encore que ce sera la dernière grande bataille de la Seconde guerre mondiale.

Au même moment, l’escadron du 18 th US Cavalry Regiment du 14 th Cavalry Group, du colonel Mark Devine, est confronté à des difficultés, à proximité de Losheimergraben. Des petites unités occupent les villages de Roth, Krewinkel, Merlscheid et Lanzerath. Le secteur est l’un des premiers buts de Peiper. Depuis octobre, ce secteur a été occupé par le 14 th Cavalry Group qui dépend de la 2nd US Infantry Division (USID). Dans la deuxième semaine de décembre, cette division a été relevé par la 106 th USID du général Alan Jones. Et cette même division se verra anéantir par la 18° Volksgrenadier-division du général Hoffmann-Schönborn.

Pendant ce temps, Peiper se trouve à son poste de commandement. Il attend avec patience la percée de la 12° Volksgrenadierdivision pour faire avancer ses chars au moment propice. Mais Peiper est déçu. Les grenadiers n’avancent pas. Peiper quitte Engel vers 14 heures. Le groupement tactique du 1° régiment a quitté Blankenheim et les localités des alentours, mais il est bloqué par des véhicules de la 1° SS Panzerdivision, de la 12° Volksgrenadierdivision, et de la 3° Fallschirmjäger-division, dans la région de Scheid. pour l’instant, il n’y a pas de réelle percée.

Voici ce que disent des vétérans de la 1°SS Panzerdivision qui sont revenus sur le lieu du drame à Losheimergraben.

Le 16 décembre la route entre Scheid et Losheim est un énorme chaos. Quelques mois auparavant, pendant la retraite, nos troupes ont fait sauter le pont de chemin de fer à l’est de Losheimergraben. Quand Peiper survient vers 14h15, c’est pour voir nos troupes faisant la queue devant le passage à niveau. Il est tellement mécontent qu’il ordonne à ses blindés de dégager tous les obstacles et de continuer leur chemin. Peu de temps après, la colonne de Peiper atteint le pont de chemin de fer détruit, il tourne à droite, descend le talus, traverse les voies et remonte de l’autre côté afin d’atteindre la route principale. A 21h30, Losheim est en vue. A 22 h, les Tiger du 501 ° Bataillon atteignent la localité.

Le 16 décembre vers 18h

Les chars de la Panzerspitze reçoivent l’ordre d’être prêts pour l’attaque entre Losheim et la frontière. Entre Losheim et Lanzerrath, la " Spitze " se trouve à la tête du Kampfgruppe Peiper. La Spitze a pour mission de percer jusqu’au pont sur l’Amblève à Ligneuville et de s’y arrêter. Après avoir perdu 3 chars, la Spitze atteint la lisière de la forêt au nord de Lanzerath. Les hommes de Sternebeck doivent attendre là puisque les paras ne sont pas prêt à risquer d’autres attaques pendant la nuit. Le 17 décembre, vers 4h30 du matin, Honsfeld est pris par la Spitze et la 10° Panzerkompanie.

Perte de le Spitze les 16 et 17 décembre 1944
A la sortie ouest du village de Losheim, un Panther de la Spitze saute sur une mine.

A peu près à 500 mètres à l’ouest de Losheim, le deuxième Panther saute sur un champ de mines.

Au sud-est de Lanzerath, près de Merlscheidle Panzer IV de Sternebeck saute aussi sur une mine.

A 200 mètres environ au sud de Bülligen, un quatrième chars est détruit par un bazooka

Un kilomètre au nord de Bülligen, un cinquième chars est détruit par un canon antichar.

Cela signifie que la Panzerspitze ne possède plus que deux Panzer IV, leurs commandant en sont Werner Sternebeck et August Tonk. En outre, les deux engins blindés de la 9° compagnie du Génie sont encore disponibles, après avoir passé par Bülligen. Les hommes des Panzer doivent suivre l’AUTRAGSTAKTIK. Cela signifie que le chef de cher et se hommes doivent atteindre, leur objectif à n’importe quel prix, ils sont libres dans leurs décisions et ne se fie qu’a leur propre jugement sur la situation. A partir de Bülligen, l’unité ne choisit pas la route principale, mais prend çà travers champs, progressant vers Waim et atteint le village d’Ondenval. Ensuite, elle traverse Thirimont et attend pour que Peiper puisse interroger les prisonniers, fait à Bülligen. Peu après, les chars prennent la direction de Bagatelle. C’est le dimanche 17 décembre après-midi.

Dans les environs de Thirimont, la percée de la 10° Panzergrenadierkompanie du Hauptsturmführer Georg Preuss perd son rythme. A la sortie du village, un chemin mène vers Ligneuville et évite le détour par Bagatelle. Mais le chemin croise une petite rivière le " Ru de Fagnes ". depuis quelques années, il y a un pont de bois. En décembre 1944, aucun point de franchissement. Le 17 décembre, les prés et les champs des deux côtés de la rivière sont complètement marécageux. Et ce qui devait arriver arriva et les chars sont embourbés dans le champ. Les allemends vont les dégager pendant 1h30. Les deux premiers essaient pendant un quart d’heure et ensuite font demi-tour.

Le 18 décembre au matin, quelques chars arrivent pour retirer les engins embourbées raconte un villageois Monsieur Grosjean. Un autre témoin Monsieur Wansart qui ne quitte pas le village le 17 décembre, raconte qu’en premier lieu, des chars allemands atteignent le village et continuent en direction de Bagatelle. Les premiers véhicules à arriver sont des half-tracks.

Après un arrêt e reconnaissance , à pau près à un kilomètre au sud du carrefour de Baugnez, nous observons une colonne de camions américains qui se dirigent vers Ligneuville. Nous avons tout de suite ouvert le feu avec des obus explosifs. A cet instant, les véhicules américains à peu près à 300 mètres du carrefour. Certains camions sont en flammes. Les passagers sautent des véhicules et cherchent un abri, la plupart des véhicules continue ainsi sans chauffeurs. Ils se heurtent les un aux autres. Ensuit, nous nous rendons tout de suite su la N32 avant de tourner à gauche vers Baugnez. Avant d’atteindre le carrefour, on tire sur nou avec des fusil et des mitrailleuses. Nous répondons avec nos mitrailleuses sur les Américains sans toute fois nous arrêter ; Quand notre premier char est à distance de cinquante mètres des

Américains, ceux-ci sortent des fossés, les mains levées et capitulent. Mais nous nous sommes approchés lentement avec nos chars. J’agite mon bras et je fais signe aux prisonniers de se rendre au carrefour, tout de suite à près j’informe mes supérieurs par radio de cet incident. Pour seule réponse, on me donne l’ordre de continuer sans perdre de temps. Nous laissons les prisonniers, nous devons atteindre aussi vite que possible le pont de Ligneuville. Il y a dix minutes entre nous et l’avant-garde de Peiper.

17 décembre 13 heures Les chars de la Panzerspitze atteignent Ligneuville et avancent jusqu’au pont sur l’Amblève. Aucune unité américaine ne se trouve à ce moment au centre du village. Conformémént à l’ordre de Peiper, le fleuve n’est pas traversé. Il est plus important que le pont tombe entre nos mains intact. Tandis que nos pionniers examinent le pont, une mitrailleuse ouvre le feu, on compte des blessés. Nos infirmiers, qui portent la croix rouge sur la poitrine, sur le dos sur le casque ne sont pas attaqués par les Américains lors du transport des blessés. La mitrailleuse ouvrira de nouveau le feu mais les mitrailleurs ennemis sont capturés. A proximité du pont se trouve un grand hôtel. Le propriétaire a probablement attendu notre arrivé. Je lui demande s’il y a des soldats américains dans la localité. Sa réponse me surprend tellement que je ne l’ai pas oubliée. : " Bonjour monsieur l’officier, le général américain a quitté l’hôtel avec son état-majoril y a quelques minutes. Il veut revenir pour fêter Noël dans mon hôtel ". interloqué, je me précipite dans l’hôtel et je constate que la table n’est même pas débarrassée. Les cigarettes sont brûlantes et les verres encore à moitiés pleins, confirmation des paroles de l’hôteliers et du départ précipité de l’état-major américain. Nous remarquons vite un bataillon de chars américains est en train d’occuper des positions sur les hauteurs du nord-ouest de Ligneuvile, mais ils ne sont pas prêts au combat. L’avant- garde de notre Kampfgruppe arrivera bientôt et attaquera avec succès les Américains.

Le 16 décembre, de fort mauvaise humeur, Peiper entre dans le café à Lanzerath et rencontre le commandant G. von Hoffmann, qui commande le 9° régiment de paras. Comme nous l’avons vu, Bouck et Tsakanikas sont témoins de la querelle entre les deux officiers. A la fin de la discussion, von Hoffmann accepte de céder l’un de ses bataillons au Kampfgruppe Peiper, ses paras serviront d’infanterie à ce groupement blindé. L’avant –garde du régiment quitte Lanzerath dans la nuit du 16 et 17 décembre vers 0h45 en raison du danger des mines, la progression est lente. L’usage des cartes routières étant impossible, les chefs de chars communiquent par radio. Les premiers véhicules n’atteignent Buchholz, un petit hameau envahi par les paras, que vers quatre heures du matin. Non loin de l’avant-garde, quatre engins blindés de la batterie de Flak (DCA) suivent. Ils sont sous les ordres de l’Obersturmführer Vögler. L’un des chefs de cette unité racontera plus tard : " Nous voyons les traces des chars de tête dans la neige sur le chemin qui conduit de Lanzerath à la gare de Bochholz. Le gros de la colonne nous suit sur une distance de quelques minutes. Nous sommes pris à partie par une mitrailleuse mais quelques tirs de nos " Vierlinge " (tube quadruple de 20 mm) mettent les Américains en fuite. Les tirs de canons antichars situés près de la gare de Buccholz seront moins confortables, leurs obus tombent à côté de bous mais, là encore, nos " Verlinge " font du bon travail ".

La principale colonne de Peiper atteint Honsfeld vers 5h40, une heure après que la " Spitze " ait traversé le village endormi. Entretemps, des unités de la 99 th US Infantry Division et du 14 th Cavalry Group se sont réveillés. Complètement surpris, ces Américains essayent de résister.

K. Wortmann fait parti de la Flak

Quatre de nos blindés sont en tête de la colonne. Notre commandant de batterie et notre chef de section ont pris place dans les deux premiers véhicules. En raison des virages étroits, à l’entrée du village, nous devons rouler lentement et on voie presque plus rien. Soudain, nous entendons le bruit d’une explosion. Notre premier char est touché. Il roule encore quelques mètres et s’arrête d’un coup. Tout de suit après, le deuxième engin est éliminé. J’ai vu par hasard de quelle direction le tir est venu et j’ouvre le feu dans la même direction, ce qui fait taire les canons américains. Maintenant, nous pouvons continuer. Au milieu du village, les tirs reprennent. Notre 3° compagnie du génie est prise à partie depuis les fenêtres et les lucarnes des maisons voisines. Nous répondons à la fusillade et, peu après, les Américains sortent de leurs cachettes, les mains levées. On note beaucoup de morts et de blessés des deux côtés. Nous devons abandonner notre commandant de compagnie, Vögler, le Hauptscharführer Schröder et l’équipage complet des deux premiers chars de l’artillerie antiaérienne.

Le 9° régiment de parachutistes reste pour tenir le terrain à Honsfeld. Seul, une compagnie suivra le Kampfgruppe Peiper.

Le matin du 17 décembre, le Kampfgruppe Max Hansen commence à participer aux combats.

Voici ce que dit Otto Holst, commandant d’un chasseur de chars dans le Kampfgruppe Hansen.

Le 16 décembre, nous avons quitté hallschlag et nous avançons vers Ormont, où notre chef, le Standartenführer Max Hansen, a établi son quartier. Nous y restons plus de vingt heures en position d’attente avant qu’il ne se passe quelque chose. Dès le début, , nous voilà épuisés par cette attente, cette incertitude qui nous a brisé les nerfs ; nous ne connaissons rien de la position de l’ennemi et de sa force. Et nous craignons les mines et les chasseurs-bombardiers américains. En un mot : nous sommes déjà battu avant le premier coup de canon. Mais, dès le début du tir, nous voilà prêts ! a partir d’Ormont, nous avançons jusqu’ici. Nous savons que la route qui passe derrière la prairie est minée. Comme vous le pouvez le voir Krewinkel se trouve à l’est de l’endroit où nous sommes et le village situé derrière nous est Kehr. Dans le fond à gauche, nous savons que le poste de commandemant du 14 th Cavalry Group se trouve à Manderfeld. Nos soldats du Génie sont munis de détecteurs de mines, nous voilà plus assurés. Il fait encore sombre et noir quand nous nous préparons au combat vers 6 heures du matin. L’infanterie marche derrière nos véhicules jusqu’à Krewinkal. Notre 3° compagnie traverse Honsfeld, tandis que nous passons par Herresbach. Au sud de Heppenbac, nous tournons vers Vlander, puis vers le nord-est en direction de Mirefeld, où nous arrivons vers onze heures du matin. Nos prochains objectifs sont l’Amblève, Deindenberg et Born.

Le 291° bataillon du Génie américain, à Amblève, est au courant de la percée des Allemands.
le capitaine James H. Gamble, un jeune officier intelligent de vingt-trois ans, n’a pas d’ordre de repli, mais, dans ces conditions, il décide de na pas avancer. Lorsque Gamble arrive à Montenau pour donner au lieutenant Taylor l’ordre de retourner à Werbomont, il apprend que le colonel Pergrin lui a ordonné par radio de se replier sur les anciennes positions. Quand il retourne à Amblève, ils ne peuvent que constater qu’ils sont presque encerclés. Ils réussissent tout juste à échapper au Panzerjäger de Max Hansen. Seule la route menant à Didenberg reste ouverte. A partir de là, ils continuent vers Born via Recht. A Poteau, ils tombent dans un terrible embouteillage.

Voici ce que Janice Holt Giles raconte :

" La 7th Armored Division tente d’aller de Vielsalm vers St Vith en direction de l’est. Tous les autres véhicules, leurs passagers pris de panique, veulent aller vers l’ouest. C’est un spectacle terrible. L’armée américaine prend la fuite. Ce n’est pas une retraite, c’est une fuite désespérée et incontrôlée. Tout le monde veut se mettre à l’abri. "

Après avoir quitté honsfeld Peiper constate avec horreur qu’il ne reste presque plus de carburant. De plus, toutes les routes à l’ouest de Honsfeld sont dans un état lamentable. Il décide ainsi de prendre le risque d’un petit détour. Il arrive sur l’itinéraire C, prévu pour la 12 SS Panzerdivision. Mais, comme il n’entend aucun bruit ni à gauche, ni à droite, Peiper à l’impression que la 12 SS Panzerdivision n’a pas su percé aussi loin que prévu. Pourquoi ne pas essayer d’atteindre Büllingen le plus vite possible et constater s’il est vrai que les Américains y ont un dépôt de carburant. Les chars arrivent à Büllingen peu après 8 heures. Peiper trouve le dépôt de carburant sur le marché aux bestiaux. Quelques prisonniers américains aident à faire le plein des véhicules. L’avant-garde quitte Bülligen deux heures plus tard. Les rares unités américaines, en position au nord du village, s’étonnent du fait que les chars allemands ne se dirigent pas vers Elsenborn mais vers le sud-ouest dans la direction de Möderscheid. Naturellement, Peiper ne pense qu’à l’ouest pour atteindre Ligneuville et Stavelot.

Un ancien chef de batterie de la Flak raconte que des soldats de Skorzeny se seraient cachés toute la nuit dans le cimetière de Honsfeld. A l’arrivée des deux chars de la Flak, ils se seraient présentés et auraient été amenés à Bülligen. Il parle aussi d’une violente résistance des Américains à Bülligen.

Le conducteur du premier char de la 7° compagnie(701°) raconte ce qu’il a vu :

" si l’ennemi avait eu du sang froid, notre percée aurait pu être terminée à Bülligen. En approchant de cette localité, nous apercevons un petit aérodrome avec des Pipers Cubs et d’autre petits avions. Que devrions-nous faire ? en avant, en avant ! nous nous arrêtons après avoir atteint le carrefour au centre de la localité. Notre chef descend , contrôle si tout est en ordre, s’adresse quelques instants à son chef de section et essaie de s’orienter dans le village. Tandis que j’examine le moteur, le reste de l’équipage étudie les lieux. A notre droite se trouve une pharmacie. Quand je lève les yeux, j’aperçois un homme âgé à la fenêtre du premier étage. Il porte un bonnet de nuit, je n’en connaissait que par les dessins de Wilhelm Busch. Il me fait signe d’être silencieux et me montre une tente couleur olive dressés sous les arbres de son jardinet. Je n’en crois pas mes yeux. J’aperçois trois soldats américains dans leurs sac de couchage sur le point de se réveiller. Quelques secondes plus tard, ils sont devant moi en caleçon. Heureusement, notre pointeur, Peter Mülbach, m’a suivi. En même temps, je remarque une pile de jerrycans d’essence dans un jardin de l’autre côté de la rue et je fais signe aux trois Américains de m’aider à porter ces jerricans jusqu’à nos chars. Ils m’aident volontiers. Nous sommes ainsi ravitaillés en précieux carburant et nous emportons plusieurs jerrycans en réserve. Soudain, nous tombons sous le feu de l’artillerie américaine qui se trouve à proximité d’Elsenborn. Nous continuons vers l’ouest, en direction de Schoppen, Ondenval et Thirimont ".

De Monderscheid, l’avant-garde de Peiper avance vers Schoppen. En raison du mauvais état des routes, elle ne progresse que lentement. A partir de Schoppen, elle suit l’itinéraire de l’élément de tête, vis Ondenval et Thirimont. Suite à la capturation d’un colonel U.S. et de son interrogatoire, Peiper apprend que le général Timberlake a établi le Q.G. de la 49 th Anti-Aircraft-Artillerie à Ligneuville. Pour cette raison, essentiellement, Peiper ordonne à sa " Spitze " de continuer plein gaz sur Ligneuville. Ce message est reçu par Sternebeck alors qu’il se trouve en communication radio avec Peiper, à proximité du carrefour de Baugnez. Le événement du 17 décembre rapportent que le général Timberlake est informé que la progression des blindés allemands alors qu’il prend le petit déjeuner avec son état-major à l’Hôtel Moulin. Ils abandonnent cette collation et prennent la fuite. La " Spitze " de Peiper atteint effectivement Ligneuville plutôt que les Américains ne l’auraient cru. Dix minutes après l’arrivée de la " Spitze " à Ligneuville, l’avant-garde de Peiper survient et tombe en pleine bataille avec quelques Sherman du CCB de la 9th Armored Division . ces chars sont sous les ordres du capitaine Seymour Green qui est capturé.

Arndt Fischer décrit en quelques mots : "La Spitze de notre Kampfgruppe est commandée par l’Obersturmführer Sternebeck et se compose de neuf blindés au début de la percée. A proximité de Loscheim, ce groupe heurte des mines et perd deux véhicules. Mon char Panther arrivent à Ligneuville à peu près dix minutes après la " Spitze " et il y est détruit. Je suis grièvement brûlé. Peiper, qui me donne les premiers soins, est tellement énervé qu’il met le pansement à l’envers sur les brûlures. Le Dr Neumayer est expert dans le traitement des brûlures, il enlève la peau brûlée de mon visage, opération très douloureuse. Mais les blessures vont guérir totalement. Peiper échappe de justesse lui-même à un deuxième tir du char Scherman, son chauffeur a eu la présence d’esprit de placer l’engin derrière une maison. Après un arrêt, relativement long, de deux heures à Ligneuville, le Kampfgruppe continue vers l’ouest, traverse Pont, Beaumont et Lodomez et passe la nuit à Vaulx-Richard. Wilhelm Monhke, qui commande la division, a insatllé ses quartiers à l’hôtel du Moulin à Ligneuville, Peiper reste aussi pour consulter son chef. Entre Ligneuville et Vaulx-Richard, les blindés se trouvent sous le commandement du Sturmbannführer Werner Pötschke.

Voici ce que disent des vétérans de la 1°SS Panzerdivision qui sont revenus sur le lieu du drame à Losheimergraben
Récits de deux soldats de Peiper présentant la progression du Kampfgruppe de Ligneuville à Vaulx-Richard (stavelot)

Rolf Ehrhardt raconte :

Je ne peux pas exactement décrire l’itinéraire menant d’Engelsdorf à Stavelot parce qu’il fait sombre au départ. A Lodomez nous laissons passer quelques Tiger et Panther qui doivent ouvrir la route vers Stavelot. Toujours à Lodomez, je stationne près d’une maison. A droite, la rue bifurque vers Hénumont. Nous voyons de la lumière dans la première maison. Je m’avance avec ma gamelle et je rentre dans une pièce que je prend pour la cuisine et j’y rencontre plusieurs personnes, des femmes et des enfants, je crois. A la lumière de la bougie, je ne peux voir aucun détail. Je demande de l’eau et une vieille femme me dit que je peux avoir du café. Je remercie, mais je ne veux pas priver ces gens. La femme qui parle

parfaitement l’allemand, me demande pourquoi je parle aussi bien l’allemand. Ma réponse est un peu surprenante : "Mais je suis un allemand ". Je réalise alors que ces gens m’ont pris pour un Américain. Comment peuvent-ils réaliser la vitesse de notre percée alors que même les Américains n’en sont pas capables ? On entend des bruits de combat provenant de Stavelot. Au fond de la vallée, on peut apercevoir des lueurs d’incendie. Nous pillons un GMC abandonné. Des vivres et des vêtements trouvent une nouvelle affectation. Je trouve de nouvelles chaussures, elles me serviront jusqu'à la fin de la guerre. Nous passons la nuit à Lodomez. A l’aube, nous recevons l’ordre suivant : "Attaque via Wanne vers Trois-Ponts avec les 7° et 6° compagnies de panzers ainsi que la 3° compagnie du Génie (Siebers). Nous nous rassemblons et Roman Clotten prend la tête parce que son radio est Alsacien et parle très bien le français. A ce qu’il me semble, les Américains se sont repliés et ont miné l’entrée de Wanne. Moi-même, je n’arrive pas à Wanne car je dois  ‘arrêter à Hénumont. J’ai des difficultés avec le carburateur. Roman Clotten et un autre chef de section envoient des messages par radio. Ils parlent de fusillades venant des fenêtres, des caves et des lucarnes. Nous sommes le 18 décembre 1944 à midi. Nous recevons alors cet ordre : "Retournez au point de départ et suivez l’avant-garde ". la route vers Lodomez est très difficile. En raison du terrain accidenté, plusieurs Panzer IV ont consommé tant de carburant qu’ils sont tombés en panne d’essence. Nous nous délestons des jerrycans, les panzers peuvent faire le plein. Mais nous perdons beaucoup de temps. Des chasseurs américains arrivent et surprennent nos véhicules à découvert sur la colline. Cela est finalement sans conséquence, mais nous perdons encore beaucoup de temps et de carburant ; arrivés à Lodomez, le Hauptsturmführer Klingelhöfer doit décider si la 7° Panzerkompanie doit suivre avec le risque de tomber en panne d’essence. Après maintes réflexions, il décide que la compagnie restera à Lodomez et attendra le ravitaillement en carburant. On décide en outre de rechercher du carburant américain. Nous avons fait le plein à Bülligen avec du carburant US. En raison de notre conduite très économique, nous avons encore du carburant dans notre panzer " 701 ". je propose à notre commandant de compagnie, Klingelhöfer, de le conduire avec notre panzer afin qu’il puisse renseigner personnellement Peiper. Il accepte. Il faut dire qu’un commandant seul, qui ne peut pas suivre avec ses hommes, peut se trouver dans une situation très désagréable. On parle tout de suite de " lâcheté ". finalement, le Panzer IV " 701 " représente à lui seul toute la 7° Panzerkompanie à la Gleize.

K Wortmann ( de la flak) raconte encore

Tôt dans l’après-midi, nous atteignons Engelsdorf. Nous y restons peu de temps. Deux chars stationnent devant le pont sur l’Amblève. Nous sommes près de nos engins. Au crépuscule, nous recevons l’ordre de continuer. En raison de la forte résistance ennemie, nous ne pouvons suivre votre itinéraire ( qui passait par Recht), nous acceptons de continuer en direction de Stavelot par l’allée de l’Amblève. La route est très étroite et sinueuse avec quelques petits village. Nous avançons lentement. En outre, nous ignorons la position et la force de l’ennemi

Mais nous ne rencontrons aucun Américain jusque Stavelot. Il n’y a que des retards suit à des virages difficiles et aux grands rochers qui bordent le côté gauche de la chaussée. Nos chars Panther doivent s’y prendre à plusieurs fois pour négocier les virages. Le premier d’entre eux casse son canon sur des rochers. Nous restons sur cette route étroite qui mènent à Stavelot toute la nuit du 17 au 18 décembre, les sommets sur la gauche et la vallée sur la droite. Il y a quelques maisons sur la route. Nous ne pouvons dormir à cause du froid. Plusieurs camardes rendent visitent aux quelques petites fermes ; nous nous faisons partout du thé et du café. A l’aube du 18 décembre, nous remarquons la longueur de notre colonne de chars. Un camion américain se trouve immédiatement derrière mon char. Quand je le regarde de plus près, je remarque un Américain. Il parle allemand et demande l’autorisation de pouvoir sortir avec ses camarades. Je les autorise à se soulager mais leur signale que nous leur tirons dessus s’ils tentent de fuir. Les Américains, quinze hommes environ, grelottent et piétinent. Je demande à celui qui m’a adressé la parole où il a appris à parler si bien l’allemand et il me répond qu’il est professeur. Les Américains remontent dans le camion et se tiennent tranquilles. Un instant plus tard, je veux savoir pourquoi nous n’avançons plus et ce qui se passe en tête. Je marche sur la route défoncée jusqu'au pont de l’Ammblève. Je vois Jochen Peiper . Je ne l’ai pas vu depuis la veille, c’était à Bülligen puis Engelsdorf. Je n’ai pas remarqué qui était à la tête de la colonne depuis Engelsdorf. Un Panther endommagé bloque l’accès au pont ; je retourne en arrière. Au bout d’un instant deux de nos fantassins reviennent avec un prisonnier. Il a l’air d’un gamin avec sa mine en papier mâché. Il tremble de tous ses membres. Nous avons pitié de lui. Nous envoyons un messager au pont pour informer Peiper, le prisonnier pourrait fournir des informations. Peiper demande une description du prisonnier ; quand il apprend que c’est un gamin, il renvoie le messager en disant qu’il ne capture pas les enfants. Les deux fantassins doivent le ramener. Quand on traduit cela au prisonnier, il ne comprend plus rien. Les deux camarades le reconduisent sur la hauteur. Le jeune américain regarde autour de lui, angoissé. Mais les deux fantassins s’en vont et il remercie en hochant la tête, puis il disparaît. Dans la matinée, nous subissons une violente rafale de mitrailleuse américaine. A midi, nous stationnons devant Stavelot avant d’entré dans la ville par une petite rue étroite avec de gros pavés. Puis nous tournons à gauche en direction de Trois-Ponts. J’ai su bien plus tard que la localité qui précédait stavelot était Vaulx-Richard.

Aucun des deux hommes n’a une notion de ce qui se passe et pourquoi la percée de Ligneuville est interrompue si abruptement et pourquoi ils doivent passer une nuit froide à Vaulx-Richard.

Le colonel Pergrin et le capitaine Moyer (US)

Ils parlent à tour de rôle : "il y a un mystère. Pourquoi les chars de Peiper se sont arrêtés à Vaulx-Richard, entre Lodomez et Stavelot, et on attendu jusqu’au matin pour continuer leur percée ? pour un homme courageux comme Peiper, il n’y a alors presque rien qui puisse le retenir. Peiper lui-même expliquera plus tard que ses chars de tête ont été canardés par des canons anti-chars durant cette nuit. L’explosion d’une fusée de bazooka peut être confondu avec le bruit d’un canon antichar. Jusqu’à présent, les historiens n’ont pu comprendre les explications de Peiper. Le 7 septembre 1945, alors qu’il est prisonnier de guerre, Peiper fait le témoignage suivant au commandant kenneth W Heckler : " Le 17 décembre, vers 16 heures, mes chars atteignent stavelot qui est défendu violemment. Nous essayons quand même de pénétrer dans la ville durant la nuit mais le terrain nous pose beaucoup de problèmes. Nous ne pouvons atteindre Stavelot que par la route principale. Elle est bordée par des rochers sur la gauche et une gorge profonde sur la droite. Pour cette raison, j’ordonne à la 6° et 7° compagnie d’attaquer Trois Ponts via Wanne. Vers 18 heures, mes hommes sont de nouveau attaqués par des fantassins américains cachés derrière une hauteur située à peu près 800 mètres au sud de Stavelot. Quand la contre-attaque est repoussée, j’utilise plus d’infanterie blindée et je m’approche de la périphérie de la ville. Après une résistance très violente, je dois interrompre l’attaque et me décide à attendre le renfort de l’infanterie. Contrairement à ce que dit Peiper, les chars de tête n’atteignent pas Vaulx-Richard vers 16 heures mais vers 18 heures 30 et le défense de Stavelot est très faible. La densité de circulation à Stavelot donne l’impression que la ville forme une position efficace. Si la tentative très prudente de trois chars de descendre la route tortueuse de Vaulx-Richard à Stavelot peut être considérée comme un assaut de la ville, Peiper a raison. Et sa description du terrain est exact. Quant à l’attaque de l’infanterie américaine, évoquée par lui, il doit s’agir du tir de bazooka qui détruit son premier char.

Monsieur Ketelhut raconte après la guerre les faits suivants :

Peiper avait discuté longtemps à Ligneuville avec Willhelm Monhke, le commandant de la division, tandis que ses hommes marchaient sous le commandement de Werner Pötschke. Il serait retourné à Baugnez pour faire avancé plus vite le reste de la colonne. A cette occasion, il aurait vu beaucoup de morts américains autour du carrefour. Hans Siptrott de la 7° Panzerkompanie, écrit que c’est lui qui a raconté à Klingelhöfer ce qui s’est passé à Baugnez, après qu’il soit arrivé à Ligneuville et que Klingelhöfer a fait le rapport à Peiper. Il ne faut pas oublié que quelques hommes qui ont passé la nuit à Vaulx-richard expliqueront plus tard qu’ils ont avancé sur les ordres de Pötschke et qu’ils n’ont aperçu Peiper que dans les premières heures du 18 décembre. (Peiper avait l’habitude de se coucher quelques heures après des efforts exceptionnels et de réapparaître en pleine forme. Ainsi, il gardait la confiance absolue de ses hommes.

Pour achevé sur ce passage voici le témoignage de Madame Willems de Spa

En décembre 1944, j’habitais à Ligneuville dans la boulangerie de mon frère, jules Georis, face à la poste. Le 17 décembre, j’ai vu Peiper à maintes reprises. Lui-même était très gentil, ce que je ne peux pas dire de tous ses soldats. Il nous conseilla de rester dans la cave, en raison du danger et de la situation. Lui-même et quelques uns de ses sous-officiers ont dormi pendant plusieurs heures durant la nuit du 17 et 18 décembre, dans un hangar derrière la boulangerie, sur des lits de camp.

On a consommé presque autant d’encre pour reconstituer l’histoire du Kampfgruppe Peiper qu’il y a eu de sang versé lors des combats dans les Ardennes. Toutes les unités américaines qui ont combattu le SS Panzer régiment 1 et il y en a eu beaucoup sont fière de démonter dans tous les livres qu’elles ont réussi à faire échouer la percée de Peiper avant le dernier pont sur la Meuse. Le baron August von der Heydt est celui qui, explique le mieux cette querelle : "je ne crois pas que les dynamitages américains étaient essentiels dans la décision de Peiper de ne plus poursuivre son avance, mais il ont peut-être joué un rôle important dans cette décision. Le fait que la communication entre l’avant-garde de Peiper et le gros de sa colonne, qui n’avançait pas faute de ravitaillement, était interrompue et ne pouvait plus être rétablie a été déterminant ; je la sais de Peiper lui-même. L’Obersturmführer n’était pas un homme à perdre courage. Les américains et les allemands sont du même avis.

Témoignage de Werner Wendt commandant du Tiger II "133 "

Le 18 décembre, vers onze heures, notre colonne est attaquée par des chasseurs-bombardiers entre Lodomez et Stavelot. Nous comptons beaucoup de morts et de blessés. La plupart sont des parachutistes qui sont montés sur nos engins. Mais les chars ne sont pas endommagés. Vers quinze heures, nous traversons le pont sur l’Amblève et nous sommes attaqués de nouveau par des chasseurs-bombardiers.de nouveau beaucoup de blessés. Quatre Tiger ont traversé le pont : le " 105 " de l’Obersturmführer Jürgen Wessel, le commandant de notre 1° compagnie, un deuxième char dont j’ai oublié par qui il était commandé, puis l’Oberscharführer Jürgen Brandt avec le " 131 " et enfin moi-même avec le Tiger II " 133 ". Wessel se rapproche aussitôt de la place du marché, reçoit un choc en roulant en arrière dans une maison de deux étages qui enterre le Tiger sous les décombres l’équipage doit sortie de la caisse du char. Jürgen Wessel change de véhicule et continue en direction de Trois Ponts. Lors du passage sur le pont, Brandt a endommagé les chenilles de son char et s’arrête au bout de trente mètres. La rue est trop étroite et je ne peux le dépasser. Nous nous arrêtons alors pour le dépanner, ce qui nous prend un certain temps. La nuit se met à tomber pendant cette opération. Tandis que nous dépannons le char de Brandt, nous ne sommes dépassés par aucun véhicule. Alors que des voitures légères pourraient passer facilement. Nous avons perdu le contact et nous décidons d’attendre.

Après avoir atteint la rive droite de l’Amblève, les chars de Peiper continuent en direction de Trois-Ponts où la Salm se jette dans l’Amblève. Comme le nom le dit déjà, la ville possède trois ponts, deux à travers la Salm et un à travers l’Amblève. Les deux itinéraires D et E se rejoignent ici pour traverser les deux fleuves à Trois Ponts. Peiper a peut-être l’intention de quitter l’itinéraire D à Trois-Ponts pour atteindre la Meuse à Huy via Werbomont. Qui pourrait le dire aujourd’hui ?

Comme nous l’avons déjà dit, Peiper a ordonné à sa 6° Panzerkompanie et à sa 7° Panzerkompanie d’aller de Vaulx-Richard à Wanne afin d’attaquer Trois-Ponts depuis cette direction. A la sortie de Trois-Ponts, un grand pont ferroviaire traverse la rue menant vers Stavelot. Le pont n’est protégé que par un canon anti-char de 57 mm. La nuit précédente, un blindé du 526° Arm Inf Rgt, qui tractait le petit canon vers Stavelot, a perdu une chenille. Le canon et son équipage doivent ainsi rester sur place. Ils se joignent aux sapeurs du 51st Bataillon et ils devront surveiller le pont ferroviaire. Les chars de l’avant-garde de Peiper apparaissent vers 10h45. les Américains ouvrent le feu tout de suite. Le premier char est touché, il bloque la rue. Le deuxième char élimine le canon de 57 mm, les quatre servants sont tués. L’un des sapeurs est blessé à la jambe. Il part vers Trois-Ponts en boitant, pour prévenir les autres. Les sapeurs font alors sauter le pont sur l’Amblève à 11h15. Les cinq sapeurs restant encore peuvent fuir. Peiper réalise qu’il est arrêté par un petit groupe de soldats. Le pont aurait dû tomber indemne entre ses mains pour qu’il puisse atteindre la Meuse avant la nuit du 18 décembre. Maintenant, il ne peut que se diriger vers le nord, vers la Gleize. A Cheneux, tout près de la Gleize, il y a encore un pont sur l’Amblève, si les sapeurs américains ne le détruisent pas. A 13 heures, les sapeurs américains font sauter le pont sur la Salm à Trois-Ponts, après avoir aperçu quelques chars des 6° et 7° compagnies descendant la hauteur depuis Wanne. Les Allemands sont condamnés à se replier. Mais la plupart d’entre eux manquent de carburant et ils doivent rester à Wanne. Quelques uns seulement réussissent à continuer vers Stavelot et essaient de rejoindre Peiper à la Gleize. Le kampfgruppe Peiper traverse la Gleize vers 13 heures sans avoir rencontré de résistance depuis Trois-Ponts. Des hommes de l’avant-garde annoncent qu’ils auraient pris un pont intact sur l’ Amblève près de Cheneux, à six kilomètres de Stoumont. Des chasseurs-bombardiers apparaissent au moment où les premiers véhicules de la colonne traversent le pont. Le général Pete Quesada, commandant le 9th Tactical air Command, a fait décoller tout ce dont il dispose : Thunderbolts, Mustangs et aussi Typhoons britanniques. Ils attaquent les Allemands près de Cheneux. La Flak ouvre le feu et touche un Thunderbolt qui tombe près de Francorchamps. Les grenadiers cherchent un refuge dans la forêt et sous leurs véhicules. Les chars ne peuvent continuer que vers 16 heures, le brouillard étant apparu. L’attaque aérienne a touché l’arrière-garde de Peiper près de Stavelot mais aussi le groupe blindé entre Lodomez et Stavelot sur une longueur de trente kilomètres. Contrairement aux cris de victoire des pilotes, Peiper n’a perdu qu’une douzaine de véhicules, entre autres deux Panther.

Le Dr Hennecke se souvient de cette attaque

Pötschke et Peiper n’étaient pas du tout amis et se disputaient à chaque occasion. Lorsque les chasseurs-bombardiers apparaissent , tout le monde cherche un abri. Pötschke se glisse sous son char tandis que Peiper cherche un refuge dans un abri qui n’avait pas été utilisé depuis des années. L’abri est plein d’eau sale et puante. Vous pouvez vous imaginer l’hilarité de Pötschke quand l’ Obersturmbannführer réapparaît complètement mouillé et plein de boue. Il était plus tragique d’avoir perdu un de nos Panther et deux hommes capables, Strehlow et Thomas.

 

Karl Wortmann l’un des chef de la Flak de Peiper se souvent de l’attaque des chasseurs-bombardiers

Le temps s’est éclairci. Nous pouvons même voir le soleil pendant un instant. Mais, lors de notre approche de la Gleize, nous n’avons pas vu le Piper Cub de l’ US Airforce qui nous a découvert. Nous réalisons ce qui se passe lorsque seize Thunderbolts se précipitent sur nous. Toute notre colonne se trouve sur une route étroite. Nous devons abandonner les blindés sur la route et tout le monde, les équipages des blindés ainsi que les grenadiers cherchent un abri. Avec nos " Vierlinge ", nos chars de Flak ouvrent tout de suite le feu et tire à cadence accélérée. Mais les avions reviennent toujours et nous attaquent sans merci. Avec nos Flakpanzer, nous ne pouvons défendre toute la colonne contre seize chasseurs-bombardiers qui se précipitent sur nous en formation. C’est impossible de se concentrer sur un seul avion. Nous ne pouvons que répondre au feu. Les infirmiers courent comme des fous, car il y a beaucoup de blessés. Quand les attaquants font demi-tour, nous sommes surpris de la perte minime. Les Américains perdent un Thunderbolt.

Comme Peiper veut atteindre la Meuse, près de Huy , il ordonne à ses hommes de se porter le plus vite possible sur l’axe de progression. Deux ponts restent encore à prendre, l’un près de Hamoir sur l’Ourthe et un autre près de Neufmoulin, sur la Lienne. Entre-temps, le lieutenant Edelstein du 291st Batalion du colonel Pergrin a quelques hommes pour préparer la mise à feu du pont sur la Lienne. La corporal Fred Chapin et le soldat Shorty Nickell ont l’ordre de déclencher l’explosion. Le corporal Chapin observe la route depuis une ancienne guérite allemande. Il fait déjà sombre quand Chapin aperçoit la colonne blindée de Peiper se rapprochant de lui vers 16h45. Le premier char, qui a dû remarquer un mouvement tire en l’air. Le corporal fait alors sauter le pont. Il est content de son travail, le pont est complètement détruit. Bloqué sur une rive de la Lienne, qui n’est qu’une petite rivière. Peiper envoie des patrouilles pour trouver un autre pont assez solide pour les chars. La 10° Panzerkompanie de Georg Preuss se dirige sur Rahier et la 11°compagnie de Heinz Tomhardt sur Chauveheid. Aux environs de Forges, les deux groupes se rejoignent et se dirigent vers le sud. Deux chars heurtent des mines et sont éliminés. Mais vers 19 heures, les grenadiers arrivent de nouveau auprès du pont détruit de Neufmoulin sur la rive ouest. Ils suivent le cours d’eau en aval, à peu jusqu’à Trou de Bras, et retournent ensuite sur la N23 dans la direction de Werbomont. Après 300 mètres, ils tombent sur une section du 823° Antitank Battalion qui a été regroupé avec le II° bataillon du 119° Regiment de la 30° US Infantry Division. Après un bref échange de coups de feu, les grenadiers de Peiper se replient de l’autre côté de la Lienne. A la grande déception de l’Obersturmbannführer, on n’a pas de matériel lourd pour renforcer l’un des petits ponts pendant la nuit. Il n’y a pas d’autre choix de renvoyer le Kampfgruppe vers la Gleize. Le 84° anti-Aircraft Batalion reste à Cheneux pour surveiller les reste du pont. Vers 23 heures, les troupes de Peiper marquent une pause dans les forêts entre la Gleize et Stoumont. Jochen Peiper est sur le point d’être battu. Le Kampfgruppe Hansen n’a pas réussi à atteindre Poteau. C’est pourquoi l’Oberführer Mohnke ordonne au Kampfgruppe Knittel d’avancer vers le nord avec le groupe de reconnaissance pour soutenir Peiper. Vers 19 heures, Knittel arrive avec ses hommes via Pont vers Stavelot où il traverse le pont sur l’Amblève. Devant lui roulent quelques véhicules qui reviennent de Wanne et qui veulent se rendre à la Gleize. Knittel se hâte et réussit à s’échapper. Les Américains ont reconquis Stavelot.

Résume de la situation vers minuit le 18 décembre

-Entre Stoumont et la Gleize, Peiper est coupé du reste de son Kampfgruppe. Seulement cinq Panzer IV de la 6° compagnie atteignent la Gleize vers minuit. Tous les autres n’ont plus de carburant.

-Une partie du groupe de reconnaissance de Knittel arrive presque en même temps.

-Le I° et le II° bataillon de Rudi Sandig ont dû rouler sur des routes terriblement étroites avant d’atteindre la banlieue de Stavelot.

-Un groupe de ravitaillement atteint la Gleize à l’aube via Kaiserbarracke. Recht et Wanne après avoir traversé le petit pont sur l’Amblève près de Petit-Spai . C’est la seule bonne nouvelle pour Peiper. Le ravitaillement suffit tout juste à Peiper pour l’attaque sur stoumont le lendemain 19 décembre.

Le 19 décembre, les chasseurs de chars du Kampfgruppe Hansen sont toujours dans les environs de Recht. Vers 17 heures, le colonel Devine, commandant le 14° Cavalry Group, s’est heurté avec trois officiers à l’avant-garde du Kampfgruppe Hansen près de Kaiserbarracke. Devine et ses camarades réussissent à fuir. Ils retournent à Poteau ou Devine a établi ses quartiers. Devine est dans un état hystérique et prie le lieutenant colonel Damon, qui dirige le 18° escadron, de prendre la commandement de l’équipe. Il est relevé de son poste le lendemain. Entre-temps, les premières unités du Kampfgruppe Hansen ont atteint Recht mais sont engagés dans les combats avec le groupe tactique de la 7th US Armored Division. Le lieutenant colonel Duggan et le commandant Mayes rassemblent autant d’hommes que possible dans le 14° Cavalry Group, organisent une unité de combat et forment une colonne de véhicules. Le 18 décembre très tôt, le groupe Mayes quitte Poteau mais est repoussé par les troupes d’Hansen. Beaucoup de véhicules américains sont détruits. Duggan et Mayes se replient vers midi sur Vielsalm. Hansen ne tente pas d’envahir Vielsalm, mais ordonne à ses grenadiers de marcher vers Recht , puis vers l’ouest pour renforcer Peiper. Pendant les combats très rude à Recht, les Allemands perdent 7 chars et 103 hommes. Il existe aujourd’hui, une prairie qui porte le nom de " champs d’Hansen ", car les 103 hommes y sont enterrés.

Hansen se trouve partiellement dans le secteur de la 5° Panzerarmee de von Manteuffel, mais il a quitté ce secteur le soir du 18 décembre. Le corps blindé lui donne l’ordre de continuer sa percée via Logbiermé et Wanne. C’est ainsi que le Kampfgruppe Hansen est en route pour apporter son soutien au Kampfgruppe Peiper. Mais la route ressemble à un champs de bataille. Entre-temps, le Gruppenführer Priess a établi le quartier général de son I° SS-Panzerkorps à Holzheim. En même temps, Mohnke transfère la quartier général de sa division à Wanne. Le Kampfgruppe Sandig se rapproche de Stavelot qui est à nouveau occupé par les troupes américaines.

Werner Wendt nous raconte

" Souvenons-nous Brandt et Wendt ont réparé les chenilles du Tiger II de Brandt et ont perdu le contact avec les autres "

Dans la nuit du 18 et 19 décembre, une pièce de Flak passe à côté de nous à toute vitesse. Brandt et moi, nous restons à Stavelot pendant toute la nuit. Quelques parachutistes nous tiennent compagnie. Ainsi, nous voilà un peu en sécurité. Mais tout est calme. A l’aube du 19, nous continuons vers Trois-Ponts. Nous avons emmené l’équipage de Wessel. A peu près à un kilomètre et demi de Stavelot, nous trouvons le poste de commandement du groupe de reconnaissance de Knittel. Knittel nous retient dans son poste de commandement. Il ne sait pas non plus ce qu’il se passe. Vers 10 heures, Knittel nous laisse continuer en direction de Stavelot, pour contrôler la situation. Nous n’avançons pas très loin. Dans la banlieue de Stavelot, la route est minée. Il est clair qu’entre-temps, les ennemis ont réoccupé Stavelot. Je couvre la direction de Stavelot à peu près à trente mètre du PC de reconnaissance. Brandt couvre Trois-Ponts à proximité du pont ferroviaire, à cent mètres du pont de Petit-Spai. A cet instant, le pont est encore intact.

Le I° bataillon du 117° US Regiment, renforcé par de l’artillerie et la défense antichar, bloque toutes les possibilité de traverser l’Amblève près de Stavelot. Après la décision du commandement du I° SS Panzerkorps de faire tout pour soutenir Peiper, la conquête de Stavelot devient d’une grande importance pour les Allemands.

La ville est de nouveau attaquée dans l’après-midi du 19 décembre. le Kampfgruppe Sandig attaque les Américains qui défendent le pont sur l’Amblève. Mais les grenadiers ne passent pas parce qu’ils sont tenus en échec par des mortiers et le feu des mitrailleuses. Cette attaque est menée par le I° bataillon du SS-Panzergrenadierregiment 2 de Rudi Sandig sous le commandement du Sturmbannführer Karl Richter. Quelques Panzer IV de la 6° et de la 7° compagnie de Peiper, qui étaient stationnés à Wanne depuis le 18 décembre, viennent appuyer l’attaque de Richter. Sous le feu de l’artillerie américaine, Sandig réalise très vite que la bataille pour le pont de Stavelot est perdue.

Friedrich Pfeifer ancien commandant de la 2° compagnie du I° bataillon de Rudi Sandig raconte le combat pour le pont

Sans avoir eu de contact direct avec l’ennemi, ma compagnie, qui sert de fer de lance à notre 2° régiment, gagne la quartier sud de Stavelot sur l’Amblève. A ce moment là, cette partie de la ville n’est pas occupée par les Américains. Nous avons été toute fois bombardés par l’artillerie américaine pendant toute notre marche sur Stavelot. Juste devant le pont se trouve un char détruit de notre Panzerregiment et on a fait sauter une arche du pont juste avant notre arrivée. Nous concluons donc que le quartier nord de la ville, le plus grand, doit se trouver aux mains des Américains. Afin de conduire mes hommes à une attaque victorieuse, il ma faut donc l’appui d’une compagnie lourde. Mais le commandant de mon régiment me donne l’ordre d’attaquer tout de suite, sans tenir compte de ma demande. Tout cela a lieu trente minutes après notre arrivée du pont sur l’Amblève dans l’après-midi du 19. après avoir placé deux sections de ma compagnie de chaque côté du pont comme troupes de couverture, je me mets en marche avec deux autres sections et je gagne la rive nord de l’Amblève avec beaucoup de difficultés, après avoir utilisé les arches détruites du pont. Tout à coup, nous sommes bombardés par l’artillerie US et nous recevons des grenades lancées depuis l’ancienne abbaye et les maisons des alentours. Sur le toit de l’abbaye, se trouvent des grands drapeaux avec des croix rouges, signifiant que ce bâtiment a servi d’hôpital. Nous ne parvenons pas à le prendre. Nous nous rassemblons enfin dans les broussailles au bord de la rivière et nous nous défendons désespérément. Nous n’avons plus de grenades, ni de munitions pour nos mitrailleuses. Il est hors de question d’attendre de l’aide, a commencé de lancer des fusées éclairantes depuis la tombée du jour et tout mouvement devient impossible. Nous sommes donc obligés d’abandonner la rive nord de l’Amblève à l’aube du 20 décembre. Toujours sous le feu de l’ennemi, nous marchons dans l’eau glaciale de la rivière pour rejoindre nos propres troupes. Nous avons perdu 23 hommes pendant cette attaque folle et mal préparée. Mon agent de liaison Biedenkamp peut témoigner de la véracité de ce rapport.

Après l’échec de l’attaque du 19décembre, Sandig laisse son premier bataillon dans une position qui lui permette d’observer Stavelot, de l’autre côté de la rivière. Puis il envoie son II° bataillon, sous les ordres du Sturmbannführer Herbert Schnelle, via Wanne vers Petit-Spai. Là, le bataillon reçoit de Monhke l’ordre de traverser l’Amblève et de se joindre à Peiper. Certaines unités y parviennent tôt le matin du 20 décembre. Ce sont les derniers grenadiers qui atteignent la Gleize et le Kampfgruppe Peiper. Dans l’après-midi du 19 décembre, Monhke a rassemblé des troupes dans la région de Petit-Spai. Les restes de la 6° et 7° compagnie du SS Panzerregiment 1 sont intégrés aux unité du régiment de grenadiers de Hansen venu de Recht. Parmi le matériel arrivé de Petit-Spai, se trouvent quelques canons antichars. Ils sont mis en position sur la rive nord pour protéger le pont.

Le 19 décembre vers 9 heures du matin, Peiper lance l’attaque sur Stoumont. Du côté gauche de la route qui mène au village se trouve une pente raide qui limite le mouvement des chars. A travers le brouillard, ils ont presque atteint Stoumont avant d’avoir été reparés. La défense antichar américaine et l’artillerie ouvre le feu à partir de la périphérie du village et à partir de la lisière de la forêt au nord. Pour donner une idée de l’intensité du feu de l’artillerie américaine, un commandant de Panther raconte : " nous sommes alors tellement effrayés par le feu de l’artillerie américaine que le Sturmbannführer Pötschke, qui est toujours un soldat de fer, doit nous redonner courage par un exemple inoubliable de témérité. Il ordonne à Christ, le chef de la 2° compagnie (Panther) : En avant. Mais Christ n’ a pas le courage d’affronter l’ennemi. Pôtschke le regarde d’un air furieux, lui tend un Panzerfaust sous le nez et crie : Christ en avant. Mais ce dernier hoche tout simplement la tête. Pötschke se met alors devant le premier Panther avec le Panzerfaust dans la main et crie de nouveau : en avant. Et il se dirige en avant sans se retourner. Il ne semble pas remarquer les tirs autour de lui. Puis, enfin, les équipages des chars avancent avec leurs engins. Le premier Panther atteint le village et même l’église mais il est atteint par un canon antiaérien de 90 mm. L’infanterie attaque par le sud tandis que les chars progressent sur la rue. La résistance est enfin brisée et le village est envahi. Une centaine de prisonniers américains est rassemblée. Peiper reste sous les talons des Américains en fuite. Quelques Panther et autres blindés se dirigent en direction de la gare qui se trouve hors du village. C’est à partir de cette gare que les Américains veulent mener leur contre-attaque. Une compagnie du 740th Tank Batalion, sous le commandement du lieutenant colonel George K. Rubel, connu pour sa témérité, a construit une barricade dans l’attente des chars de Peiper. Tout autour, se trouvent des armes que le III° bataillon du 119th US Regiment a abandonné lors de sa retraite de Stoumont. Vers 15h30, un Panther surgit directement devant les Américains. L’équipage du char réagit un peu trop lentement. L’un des Sherman tire le premier. Le projectile tue le conducteur. Une minute plus tard, le deuxième char est également éliminé. Le troisième est à portée d’un canon antichar. L’obus ricoche sur la rue et pénètre à travers le dessous du char, qui prend feu tout de suite. Ce combat a lieu au point le plus occidentale de l’avance de du Kampfgruppe Peiper. Mais le ravitaillement en carburant ne permet plus d’avancer. Il n’y a qu’une possibilité, tenir la position actuelle. Les unité de Knittel, près de Stavelot, ont le devoir d’assurer le ravitaillement.

La situation du Kampfgruppe Peiper est alors la suivante :

-Le 1° compagnie (Hennecke) du SS Panzerregiment 1 doit tenir toute seule la position de la gare de Stoumont ainsi que la localité.

-La 2° compagnie (Christ) doit couvrir la Gleize contre des attaques venant du nord-est.

-La 84 Flak-Abteilung (DCA) doit tenir la région autour de Cheneux pour assurer le franchissement de l’ Amblève.

-Les soldats du III° bataillon du SS Panzergrenadierregiment 2 doivent soutenir les chars à Stoumont et renforcer les troupes près de Cheneux.

Tard dans la soirée du 19, Peiper ordonne à ses troupes des replier jusqu’à l’entrée de Stoumont. Il établit son poste de commandement dans la maison du gardien du château Froide-Cour. Le château sert de point rassemblement pour les prisonniers. Dans l’après-midi, Peiper a envoyé une patrouille au nord de la Gleize, elle a traversé Borgoumont. A cour, les civils ont appris aux grenadiers que les Américains ont un dépôt de carburant dans les environs, mais q’il est bien gardé. Après un bref échange de coup de feu, les grenadiers se replient sur la Gleize. Même si Peiper a un urgent besoin de carburant, il ne fait plus de tentative pour s’emparer du dépôt.

Le Panzer IV " 701 " d’Oskar Klingelhöfer est le seul char de la 7° Panzerkompanie à avoir atteint la Gleize.

Voici le récit de son conducteur :

Le matin du 19 décembre, nous rejoignons Peiper pendant la bataille autour de Stoumont. Il nous conseille de nous reposer pendant quelques heures et d’essayer de rassembler demain les autres chars de la 7° compagnie. Après avoir quitté Bliesheim le 16 décembre, je n’ai ni dormi ni vu un repas chaud. Notre situation est terrible. Nous avons bien suivi la première partie du conseil de Peiper et nous trouvons une cave dans une maison déserte aux environs du carrefour vers Spa et Stoumont. Je réussis à me reposer pendant quelques heures.

Un autre point important concernant le 19 décembre. A Stavelot la première section de compagnie A des sapeurs du 105° bataillon reçoit l’ordre de faire sauter le pont sur l’Amblève. Quelques hommes du 2° et 3° escadron, qui sont sous le commandement du Sergeant Mc Keen, tentent à plusieurs reprises d’atteindre le pont, mais ils sont à chaque fois repoussé par le feu de l ‘artillerie. Ils doivent attendre le soir. Vers 19 heures, les spécialistes en explosifs du Captain Rice et du Sergeant Mc Keen laissent approcher un camion chargé de dynamite jusqu’au pont. Pendant quinze minutes, l’artillerie tire deux obus fumigènes par minute pour former un écran de fumée. Sous cette protection, 867 paquets de 25 livres d’explosifs sont attachés à l’arche du pont. Comme un jet de flammes , le pont saute en l’air. Un trou béant de sept mètres le rend inutilisable.

FIN