L'Elephant / Ferdinand

Stu.Gesch 8,8 Cm Pak 43 (Ausf.Fgst Tiger P) ou Sd.Kfz.184

Type: Panzerjäger -chasseur de chars-

Equipage: 6 hommes.

Armement:
Ferdinand : canon de 8,8 Cm kwk 43/2 L/71
Elephant : canon de 8,8 Cm kwk 43/2 L/71 - 1 MG 7,92 Cm

Blindage:
Minimum 80 mm ; maximum 200 mm.

Poids:
65 tonnes

Pression au sol : 1,24 kg/cm2

Puissance massique :
9,2 ch/tonne

Moteurs: 2 Maybach HL 120 TRM 12 cylindres en V essence, refroidi par eau, développant 300 ch à 3000 tr/mn

Performances: vitesse sur route 30 km/h ; autonomie route: 130 kms, tous terrains : 90 kms ; obstacle vertical : 0.78 mètres ; coupure franche 2.64 m ; pente 22°

Temps de service : avril 1943 à mars 1945

Afin de contrer la montée en puissance des blindés ennemis, de nouveaux projets de construction de chasseurs de chars sont mis en route. C'est durant le lancement de développement du projet de Tiger.I que le Ferdinand verra le jour (nom donné en l'honneur de Ferdinand Porsche).

Deux chassis différents sont créés, un par Porsche appelé VK 4501 (P) et l'autre par Henschel appelé VK 4501 (H).Porsche lance un concept de motorisation radicalement différent de la norme habituelle, à savoir que la motorisation de son prototype est basée sur une transmission électrique et des moteurs refroidis par air. Cette transmission électrique est en fait alimentée par deux moteurs Porsche 101/1 qui entrainent 2 dynamos, l'énergie produite est transmise par 2 moteurs électriques qui entrainent les chenilles. Mais ce système bien qu'ingénieux génère de nombreux problèmes. En octobre 1942, ordre est donné de stopper ce type de motorisation.

Henschel de son côté lance en même temps l'élaboration de son projet qui donnera plus tard le Tiger.I. Porsche ayant quand même lancé la production des chassis dans ses usines de Nibelungen. L'OKH se retouve avec 90 chassis Porsche (les seuls construits) ; après accord d'Hitler en février 1943 ; ils sont donc équipés de 2 moteurs Maybach HL 120 TRM, cette motorisation assez conséquente trouve sa place au milieu du chassis ce qui libère pas mal de place dans la casemate blindée. L'énergie fournie par les moteurs est transmise par l'intermédiaire de 2 générateurs K588 de Siemens Schuckert aux barbotins arrières. Le Ferdinand devient l'Elephant sur ordre d'Hitler après la bataille de Koursk.

L'armement est limité (si on peut dire) au Kanone 8,8 Cm Pak 43/2 L71, c'est le dérivé du fameux ach acht mais dont on a allongé significativement la longueur du tube, ce qui en fait une arme particulièrement redoutable à longue distance. Les munitions tirées sont les Pz.Granate 39/43, 40/43 et les Spr.Granate 43 (explosif). 50 coups sont embarqués (les obus sont en une seule pièce), les performances des perforants sont impressionnantes : 241 mm à 1000 mètres et 184 mm à 2000 mètres !! Peu de chance de survie lorsque le coup porte... afin de manier plus rapidement les obus (22 Kg) un deuxième chargeur est ajouté aux membres d'équipage. Une lunette de tir SflZf1 a/Rblf36 équipe le Ferdinand (la même qui équipe les StuGe., Jagdpanzer, Hetzer...).

Mais les ingénieurs ommettent complètement la protection rapprochée du Ferdinand, en effet aucun MG n'est monté sur les superstructures, le but du Ferdinand étant d'engager et détruire l'ennemi à longue distance, mais lorsque les Panzer sont débordés et attaqués de prêt, la seule défense rapprochée mise à disposition du personnel est les 2 MP 39/40 embarqués et les P.A des membres d'équipage... Ceux ci ne peuvent tirés que par l'intermédiaire de petites ouvertures blindées placées sur les côtés et à l'arrière, ce qui est bien mince face à des soldats déterminés.

Afin que le Ferdinand puisse encaisser les coups portés, son blindage initial de 100 mm est porté à 200 mm sur la face avant, les côtés sont blindés à 80 mm. La conception même de ce Panzer préfigure les futurs projets d'engins de plus en plus blindés mais aussi de plus en plus lourds...

Après les premiers combats de Koursk, les Elephants restants sont renvoyés dans les usines pour y subir des aménagements : ajout d'un M.G sur la face avant, elle emporte 600 coups. Du coup le radio devient radio/tireur. Ajout d'une coupole à épiscopes du StuG.III Ausf.G pour le chef de char. En effet, on s'est aperçu que la visibilité était très insuffisante, le pilote gardera malheureusement ses seuls trois épiscopes pour pouvoir guider l'engin. (Nota : si vous avez la possibilité de monter dans un Panzer, vous vous rendrez compte que manier 65 tonnes avec une vue plus que limitée est tout à l'honneur des conducteurs de ce type de chars c'est d'ailleurs un cas général).

La Zimmerit fait son apparition mais pas systématiquement, elle est appliquée alors jusqu'à mi hauteur de la superstructure. Seul la s.Pz.Jäg.Rgt.656 sera équipée de ce Panzer.

L'Elephant contrairement à une idée reçue (qui s'inverse, heureusement) ne s'est pas fait décimé à Koursk, il restera d'ailleurs en service jusqu'à la bataille finale à Berlin. Un ingénieur de Porsche déplacé à Koursk constatera après examens et enquête que 3 ferdinands seulement eurent leurs blindages percés par des perforants, le reste succomba lors d'avaries diverses et des coups portés dans les trains de roulement et à la partie moteur, et ne purent être remorqués pour être dépannés.


Un Elephant de la s.Pz.Jäg.Abt.654 "Noak" à Koursk en août 1944

Les derniers Elefant retournent sur le front est sous le commandement de la 17.Armée puis de la 4.Pz.Armée au mois d'octobre 1944, Ils sont alors regroupés et l'unité formée est renommée s.Pz.Jäg.Kie.614 le 15/12/1944. A la fin de janvier 1945, il reste 4 Elefant, la situation chaotique de l'Allemagne ne permet pas de remettre en condition les Elefant endommagés. Il ne reste plus que 2 Elefant qui participent à la défense de Berlin sur la place Karl August et près de l'église de la Trinité.

Le Ferdinand par la photo