LES TENUES MATELASSEES HIVERNALES

Durant les années de guerre 1939 -1940 - 1941, aucune tenue n'est prévue pour supporter les rigueurs de l'hiver, et pour cause, les combats livrés jusqu'à cette période, l'ont été en Europe de l'Ouest ! Les Panzerschützen ne connaissent pas encore les lois que vont lui imposer le général "hiver" russe.

Après l'attaque de l'Union Soviétique et les profondes percées des forces allemandes en Russie durant l'offensive Barbarossa, les troupes se trouvent dans un premier temps clouées au sol pour la boue russe appelée "Raspoutitsa". Puis, lorsque survient les premiers gels, les Panzerschüzten vont vite s'apercevoir qu'au calvaire du déplacement dans l'infâme boue liquide, va suivre un calvaire bien plus dur encore : le froid !

L'O.K.H ne s'est jamais posé la question sur les conditions de vie de ses soldats sur le front est par des températures bien inférieures à 0 degré. Rien n'a été prévu pour qu'ils puissent subir sans "broncher" les dures conditions climatiques. Car il est vrai que l'opération Barbarossa devait mettre à genoux définitivement l'armée rouge avant l'arrivée du terrible hiver russe, ou tout du moins avoir pris Moscou...
Et dans la nuit du 6 au 7 novembre 1941, le général Hiver frappe tout doucement à la porte sur l'intégralité du front russe, le 27/11/1941 la température chute à -40 degrés ! alors que de nombreux hommes portent toujours la tenue d'été.

Si dans les divers véhicules blindés, les membres d'équipages sont à l'abri du vent, il en est tout autrement lorsque le blindé est à l'arrêt, moteur éteint, le blindé devient une sorte de frigidaire où il ne fait pas bon rester inactif !

Les Panzerschützen n'étant pas du tout équipés pour affronter l'hiver, improvisent de toutes parts, aux capotes d'hiver s'ajoute d'innombrales effets plus ou moins personnels. Le port du passe montagne (Kopfschutzer) devient de rigueur (même s'il n'est pas très efficace) porté au dessous du calot avec ces rabats enfoncés jusqu'aux oreilles, les pulls civils fleurissent. Ce qui rend les mouvements dans l'habitacle du char très "gauches". En Allemagne, une grande campagne d'aide aux soldats sur le front est est lancée, afin de récupérer le maximum de vètements chauds ! Chacun de nous à vu les innombrables photos concernant cette période.(photo à gauche)

Les premières tenues matelassées sont distribuées pendant l'hiver 1942/43 et sont grandement appréciées des personnels des troupes blindées. Pas forcément, parce qu'elles sont plus chaudes ou plus confortables mais elles sont nettement plus pratique. Les personnels sont plus libre de leur mouvement à l'intérieur des chars. Cet uniforme est constitué d'un veste matelassée et d'un pantalon, tous deux réversibles (blanc / gris), la veste a une grande capuche qu permet de porter le casque d'acier. Cet ensemble est porté par dessus l'uniforme noir ou Feldgrau des Panzerschützen.(photo de droite - unité inconnue)



 

 
Puis arrivé à l'automne 1943 un ensemble matelassé réversible à motifs camouflés (Mdle.43 dit à éclats - Spilttermuster)(photo (DR) à gauche - 7.Pz.Div. - Oberst Schulz et Oberst von Steinkeller) de teintes vertes et brunes. La veste comporte une large capuche pouvant être portée par dessus le casque d'acier. Cette capuche est d'ailleurs un peu trop large, de nombreux clichés montrent que celle-ci est souvent retroussée sur le sommet du crâne de façon à ne pas "obscurcir" la vue latérale de son porteur. On trouve également le port de la cagoule elle aussi réversible et fermant à deux boutons sur l'avant.

Cette tenue matelassée verra une autre variante (Mdle.44), celle-ci est toujours réversible (blanc/camouflage à éclats), mais ce camouflage est à motifs flous (Sumpfmuster).

Sur les ensembles matelassés blanc/camouflé (voir les ensembles blanc/gris), un nouveau système de grades est porté. Il est conçu à base de tissu soit imprimé soit brodé cousu sur la manche gauche. En effet, ces équipements ne sont pas destinés à recevoir des pattes d'épaule, toutefois (et comme toujours...), il existe des photos montrant des membres d'équipages portant ces tenues AVEC des pattes d'épaule.
Par contre je ne sais pas si ces effets matelassés font réglementairement partis du paquetage du Panzerschütze, je pense que oui mais je n'en suis certain à 100%, tout renseignement (certifié) à ce sujet est le bien venu ! merci...

Pour les mains, le Panzerschütze a depuis le début du conflit ses gants en laine grise (prévus en dotation). Ces derniers ne varieront guère durant toute la guerre. On trouve parfois des moufles, mais ce genre d'article est peu porté dans les chars en raison de la "non sentation" du touché, ce qui pour piloter, régler le tir ou manoeuvrer les munitions est bien compréhensible.

Pour les pieds, les soldats n'ont que les bottes de marche en cuir dont les Finlandais, en les voyant équipés ainsi, avaient dit : "Vos semelles cloutées sont des conductrices idéales du froid . Vous feriez aussi bien de courir tout de suite sur vos chaussettes". Arrivées en 1942, les bottes en feutre et cuir épais bien plus isolantes et chaudes que les bottes en cuir classique. Ces bottes sont constituées d'une partie cuir marron ou noir pour le pied à proprement parlé, la tige de botte est quand à elle en feutre épais également de couleur marron ou noire.

Nota : Mes amis Gildas et Laurent m'ont fait gentiment remarquer que le "cannibalisme" était courant sur le front est. J'entends par cannibalisme celui des vètements bien entendu ! De ce fait, il existe pas mal de photos (voir ci dessous) de Panzerschützen portant des bottes russes en feutre elles aussi.
(Cf : les soldats russes portaient des bottes avec deux pointures de plus, afin de pouvoir les garnir de paille et de papier journal, sans compter les fameuses chaussettes russes, ce système de pliage de l'étoffe était ingénieux et commode à défaut d'être esthétique)

Une superbe photo recadrée (collection privée) montrant le port de bottes de type russie,
sur l'homme en tenue Feldgrau standard.
A noter (pour les maquettistes) le quartier de viande suspendu au canon d'un Tiger!

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